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C’est le début de la fin des freemiums sur le Google Play Store
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C’est le début de la fin des freemiums sur le Google Play Store

C’est un petit pas pour la Commission Européenne, mais un grand pas pour la protection des consommateurs.

N’en déplaise aux fâcheux, l’Europe travaille en coulisse pour ses citoyens. En décembre 2013, la Commission Européenne a demandé à Apple, Google et l’Interactive Software Federation of Europe de ne plus utiliser l’appellation « gratuit » pour les applications non payantes à l’installation mais qui « proposent » des achats intégrés. C’est chose faite pour le géant Google qui vient de décider de suivre la requête. Non seulement ces applications ne porteront plus la mention « gratuit », mais le système d’exploitation Android sera paramétrée pour demander l’autorisation de paiement à chaque fois que sera effleuré le bouton « achat » dans une application. Le but de la CE est annoncé avant tout pour la protection des consommateurs et notamment des parents et enfants, par ailleurs, un effet secondaire bénéfique se traduit par la disparition du terme « gratuit » dans le store, portant un sévère coup au modèle économique devenu dominant : le Free-to-play.

Que sont les freemiums ?

Pour ceux qui possèdent encore un Nokia 3310 et qui ne connaissent pas le cancer vidéoludique actuel que sont les freemiums, une brève explication s’impose. L’âge d’or des applications sur smartphone à 0,99€ et des applications gratuites à publicité intégrée s’est effondré entre 2012 et 2013 lors de l’apparition d’un modèle économique qui a rendu riche ceux qui avaient flairé le filon : les applications free-to-play avec achats intégrés, généralement surnommées Freemiums ou Pay-to-Win. Moi je les appelle cancers, tumeurs ou métastases.

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Sur le principe, l’application est gratuite et permet de jouer sans rien dépenser. Dans les faits, ce sont des jeux au gameplay extrêmement simple (pauvre) mais suffisamment addictif pour susciter l’envie de continuer de jouer. Il s’agit d’une méthode de frustration exacerbée amenée au joueur. Quelques exemples :

  • Candy Crush Saga est un puzzle avec vies limitées. On ne peut plus jouer si on épuise toutes ses vies, mais 1 vie est générée toutes les 30 minutes.
  • Clash of Clans est un mélange de STR et de Tower Defense, les temps de constructions sont extrêmement longs (plus de 24h pour les tiers supérieurs) et pour les réduire, on peut dépenser des gemmes.
  • Dungeon Keeper suit à peu près le même principe que Clash of Clans, mais en dilapidant sans scrupules l’héritage du jeu original.
  • Plus récemment, Roller Coaster Tycoon 4 a fait parler de lui pour son concept de parc à thème où la construction est très lente.
  • Angry Birds, dans une moindre mesure, propose des power-ups, mais surtout d’innombrables packs de nouveaux niveaux à acheter.

Dans ces jeux, le temps est généralement utilisé pour frustrer le joueur entre 2 parties et l’inciter à acheter des vies, des gemmes ou des pièces d’or pour raccourcir les attentes, par le biais des achats intégrés. Certains jeux proposent tout simplement un contenu misérable, comme des niveaux supplémentaires payants via des DLC. Au bon vieux temps, on payait une application 0,99€ et les joueurs bénéficiaient de mises à jour gratuites.

Même le jeu te suggère de t'acheter une vie, tocard.

Même le jeu te suggère de t’acheter une vie, tocard.

Outre le gameplay généralement générique et des graphismes d’un classicisme à couper le souffle, il faut noter que la plupart du temps, les développeurs du jeu n’ont pas innové et se sont contentés de repomper ce qui fonctionne (dans l’exemple de Candy Crush Saga, il existe des centaines de jeux similaires qui sont sortis avant en application, et encore avant durant l’apogée des jeux flash sur navigateur).

Au final, ces freemiums affichent un succès phénoménal, permettant à des éditeurs de devenir richissimes en un rien de temps grâce à des concepts usés mais adaptés au nouveau public vidéoludique que sont les possesseurs de smartphones ou de tablettes. Ces jeux ont complètement vampirisé le marché des applications et seuls quelques éditeurs honnêtes proposant des jeux à prix fixe (avec parfois quelques fonctionnalités en premium) leur résistent, ou plus rarement des jeux nuls mais qui font le buzz, comme Flappy Bird.

Est-ce une bonne nouvelle ?

Le choix de Google de suivre la CE et d’enlever la mention « gratuit » pour ces appeaux à pigeon aura donc deux effets :

  •  Premièrement, les gens naïfs ou mal informés éviteront d’installer des applications connues telles que celles citées plus haut, pensant qu’elles sont effectivement gratuites. Les enfants s’abstiendront de jouer avec le smartphone du daron en achetant des vies et des gemmes d’un simple clic, puisqu’il faudra l’autorisation à chaque fois (comme c’est le cas sur l’Apple Store).
  • Deuxièmement, le concept du fremmium se verra réduit de son contenu. En effet, ce genre de jeu attire le quidam grâce à sa gratuité, lui laissant la possibilité d’essayer le concept pour ensuite lui proposer de passer à la caisse pour satisfaire son impatience. Sans la prétendue gratuité, une partie du public visé s’en détournera naturellement.
Consommateurs possesseurs de smartphone sous Android célébrant l'annonce de Google

Des consommateurs européens dotés de smartphones sous Android célébrant l’annonce de Google.

On peut ainsi espérer que le concept de ces free-to-pay tombera en désuétude, mais le chemin à faire est encore long. Pour commencer, il faudrait déjà que l’autre géant, Apple, se plie aux mêmes conditions, ce qui semble pour l’instant mal barré puisque l’entreprise se défend de posséder déjà beaucoup de contre-mesures pour protéger l’utilisateur, certes vrai mais pas suffisant. Il faudrait également qu’une autre entrprise se plie : Facebook héberge également en son sein des mini-jeux désastreux pour la productivité et le porte-monnaie mais sur PC cette fois (Farmville).

Comme on peut le constater avec des majors comme League of Legends, ou les jeux qui vendent leurs DLC comme des petits pains, les free-to-play et les achats intégrés on encore de beaux jours devant eux. On a pas encore tiré Mémé des orties.

/!\ ATTENTION, je n’ai pas dit que tous les Free-to-Play étaient caca /!\

 

A lire : La CE est satisfaite de la réponse de Google, mais pas de celle d’Apple

Pour en savoir plus sur les jeux « gratuits » qui proposent du contenu premium pour être joués à leur plein potentiel, Freemium.org est un site qui propose des exemples de logiciels et jeux freemiums, en indiquant le contenu gratuit et le contenu premium disponible à l’achat. Par exemple : Angry Birds et Shazam.

 

zacbru

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Commentaires (10)

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  1. Jronimooo

    Excellent article et je suis tout jouasse de cette nouvelle, même si je pense que tout cela n'empêchera pas, à terme, les gros studios de contourner ce système :/

  2. Foliok

    Cool de la part de Google, mais j'ai bien peur que la catégorie Jeux Gratuits passe de 100k jeux à 12.

  3. Cyanure

    Complètement d'accord avec le positionnement de l'article. C'est quand même triste qu'il ait fallu attendre autant de temps. Ça aurait dû être implanté bien avant.

  4. oBi

    Enfin. Il manque plus que des bons jeux, parce que payants ou gratuits, j'ai encore beaucoup de mal à adhérer aux jeux smartphones (sauf les Logo quiz).

  5. SkYpY

    Je suis tranquille sur Windows Phone, il y a très peu de jeu  8)

    En tout cas joli article, et une annonce qui j'espere va donner un bon coup dans la fourmilière.

    ça me rappelle un article : http://www.pcworld.fr/logiciels/actualites,android-freemium-revenus-play-store-jeux,549749,1.htm?comments=1#comments

    Pourriture, euh King.com va t'il enfin couler??

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