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Les aventures de Ouin-Ouin chez les développeurs
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Les aventures de Ouin-Ouin chez les développeurs

Si la presse anglo-saxonne prend aujourd’hui soin de rester neutre, nos gentils journalistes Français, eux, ont sorti les violons : David Goldfarb, décrit comme un « personnage clé » d’Overkill Studio et responsable du développement de Payday 2, a annoncé qu’il mettait les voiles. Et il faudrait presque, à écouter certains confrères, qu’on lui tire notre chapeau.

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Game director sur le dernier Payday, sauveur de Starbreeze, la maison mère (Payday 2 sortira la compagnie d’une spirale de 15 ans de pertes en seulement six mois), David Goldfarb est un poids lourd de l’industrie, qui a bossé entre autres sur Battlefield 3 pour DICE avant (une première fois) de tout plaquer pour rejoindre le studio Suédois Overkill. Sa démission, il s’en explique à peine ce matin. « Je ne veux plus bosser pour le compte de quelqu’un« , lâche-t-il à nos confrère d’IGN, « je me fais vieux et je ne veux plus créer les jeux des autres. » C’est tout. Vous n’aurez rien de plus, le monsieur dit qu’il ne veut plus jouer avec vous. Mais il reste du temps d’interview pour se faire mousser un peu, alors on part sur des considérations personnelles en forme de philosophie de geek de comptoir. Goldfarb veut créer son propre jeu de rôle, et va s’employer à vous expliquer pourquoi et comment. Pourquoi il ne veut plus jouer à aucun autre jeu de rôle afin de ne pas être influencé, combien ça va être dur (le pauvre), combien dire « fuck » toutes les trois phrases peut vous donner de l’aplomb dans une interview. Parce qu’en plus, il jure, le bonhomme.

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Et du coup on passe à côté du vrai problème, dont personne ne semble parler. Si Payday 2 a été qualifié de hold-up dans l’industrie, ce n’est pas seulement parce qu’un petit studio filiale d’une compagnie endettée a réussi à vendre son jeu en masse contre toutes les attentes, c’est aussi parce qu’il l’a vendu avec beaucoup de mauvaise foi. Depuis la sortie du jeu et passées les quelques semaines d’émerveillement, de nombreuses voix (celles des fans de Payday de la première heure) se sont élevées pour se plaindre d’un jeu devenu trop casual, buggé, sans relief, et surtout dont la moitié des caractéristiques promises n’étaient pas dans le produit final.

Un an après la sortie officielle du soft, Overkill semblait enfin réagir. Depuis plusieurs mois, des DLC sont venus alimenter le contenu de façon régulière, mais surtout le développeur a sécurisé sa position en signant un contrat de 6 millions de dollars avec Starbreeze. Ce contrat, censé garantir un minimum de 20 mois de maintenance active sur le jeu, une révision de ses mécaniques et de nouveaux DLC, vise évidemment à capitaliser sur le produit miracle tout en calmant les nombreuses voix frondeuses autour du projet. Le but étant tout simplement de proposer à terme un produit fini et conforme aux attentes.

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Et c’est là qu’à mon sens le bât blesse. Voir l’architecte d’un jeu à succès, jeu critiqué et surévalué, affirmer après avoir signé un contrat extrêmement juteux qu’il en a marre de bosser pour les autres, ca revient plus ou moins à tirer sur l’ambulance, et à déféquer sur son public. Soyons clairs, je n’ai aucune idée du montant de la commission que le sieur Goldfarb a (ou n’a pas) touché suite à ce contrat. Mais même s’il n’avait aucun intérêt dans cette dernière transaction, retirer les lauriers d’un jeu qui a déçu tant de fans, et partir au moment ou le reste de l’équipe se met au travail, ça a tendance à me rendre cynique.

Alors dans l’hexagone on préfère se lamenter. « Une étoile s’éteint« , titre sans aucune honte un de nos confrères. Moi je pense surtout que notre ami David a senti le vent tourner. Après avoir quitté DICE alors que Battlefield 3 était au sommet, Goldfarb remet le couvert en abandonnant la boîte qui l’a émancipé au moment où elle avait le plus besoin de lui. Sans grande surprise, le site officiel du développeur ne fait aucune mention de cette défection. Mais que son prochain éditeur y réfléchisse tout de même à deux fois. Car le bonhomme laisse en plan les joueurs et son employeur au moment le plus critique, après avoir profité d’un succès mal acquis, et il y a  des chances qu’une partie de son public s’en souvienne. Sa seule excuse est qu’il est trop vieux pour recevoir des ordres et que les grandes infrastructures étouffent sa créativité. En tout cas elles n’étouffent pas encore son égo.

 

Adrien Martel

Chroniqueur – http://standalonepost.com

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+Adrien Martel

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Adrien Martel

Rédacteur

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Commentaires (11)

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  1. Slade

    Il a assez de whisky pour se réfugier seul et finir avec une cirrhose à présent.
    Bon débarras.

  2. Mr_Vercetti

    Cool, on va pouvoir continuer à acheter tranquillement nos DLC mensuels useless à 15€.

  3. Hunkii

    Goldtard, le fils prodige du couple David Cage et Molyneux ? En tout cas il semble bien parti, tout y est, la mauvaise foi, l'hypocrisie et le sentiment d'être un génie car il a eu un succès sur un jeu.


    Finalement Overkill aura réussi en un an à baisser dans mon estime de manière incroyable, ce qui est plus rapide que Infinity Ward (deux an entre MW1 et MW2).

  4. oBi

    prodigue

  5. Pre-Castor

    Cette histoire me rappelle étrangement celle de GSC Game.

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