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Five Nights at Freddy’s : interdit aux plus de 12 ans

Five Nights at Freddy’s est un point’n’click créé par Scott Cawthon. Il a été publié sur le Steam Greenlight au printemps 2014 et a été validé sur le magasin Steam le 18 août 2014. Il est également disponible sur IndieDB (une démo est également accessible) et Desura.


Un job à plein temps recommandé par Monster

Grâce à une suggestion faite par une connaissance, j’ai participé à un nouvel épisode vidéoludique nommé Five Nights at Freddy’s, sensé être le jeu d’horreur de 2014 grâce à l’effet viral produit sur Internet (réseaux sociaux et vidéos) : en bref, j’ai incarné un stagiaire ayant postulé pour un job à temps plein dans une pizzeria en tant qu’agent de sécurité. Durant ma période d’essai de cinq jours, mon boulot se résume à regarder les caméras sur une tablette de 23H à 6H du matin afin de vérifier que tout est en ordre. Au premier jour, je reçois un appel de mon supérieur narrant les différentes fonctionnalités de ma cabine : outre la tablette, je peux allumer les lampes des couloirs adjacents et activer des portes blindées via de gros boutons (Stanley ?). Le hic, c’est que je n’ai pas la possibilité de verrouiller les accès car l’électricité est limitée en cette période-là. Probablement un type qui tente de truander l’Etat américain comme un réseau wi-fi.

Plan de travail de stagiaire de Stanley

Au bout de cet appel, mon supérieur signale que les robots utilisés pour la pizzeria s’activent tout seul la nuit, mais je n’ai rien à craindre si ce n’est de regarder qu’ils n’épuisent pas le stock d’ananas pour la semaine (ceci est mon hypothèse et j’en ai rien à foutre). Me voilà en train de surveiller la première caméra, fixant les grossières animatroniques inanimées. Une autre caméra affiche la cuisine, la suivante un couloir, etc. Lorsque j’ai effectué un roulement sur les caméras à la manière de Payday 2 (balayer en quelques clics de manière mécanique), quelque chose me chiffone : parmi les trois animatroniques présents précédemment, il en manque un. Je parcours les autres caméras pour retrouver le robot en vadrouille, et là, je réalise que les images sont figées.
Oui, des caméras affichant des images figées. Je suis payé pour mater une dizaine de photos et de jouer à « Où est Charlie ?  » pendant sept heures de boulot. Mieux, je peux aussi retrouver l’animatronique avec les lumières des couloirs.

Le jeu des sept erreurs de l'été 2014

Le jeu des sept erreurs de l’été 2014

Vous voyez où le jeu veut en venir.

Toréador, ton jeu n’est pas en or

Je laisse donc la porte ouverte avec la lumière un instant, scrutant les ampoules dénuées de vie du robot, en attendant l’inévitable sacrifice humain. Au clic de la lampe, toute la pièce finit dans la pénombre, une vieille mélodie du « Toréador » de Georges Bizet se met en route, l’écran se noircit entièrement. Quelques secondes passent. Et c’est le flan.

Voilà où cela nous mène, la folie des hommes

Voilà où cela nous mène, la folie des hommes

Voilà ce que propose le mirobolant Five Nights at Freddy’s dans toute sa durée de vie : de vieux jumpscares saupoudrés d’images GIF au design hideux. C’est affreusement chiant, l’histoire est d’une pauvreté affligeante (le twist, c’est qu’il y a plus de cinq jours de travail, vous êtes payés une misère et vous finissez par être viré par les animatroniques eux-mêmes), le peu de frissons éprouvés au premier niveau est évacué comme une lourde soirée bières-pizzas au lendemain matin, et pourtant ça fait déjà des millions de vues sur Internet, grâce aux nombreux Youtubeurs qui montrent leur face pour accentuer le pitoyable. Même si le contenu avait été proposé gratuitement (Five Nights… a été réalisé sous Unity 3D), l’intérêt resterait au niveau zéro. Comptez deux heures si vous insistez à y jouer : le temps de jeu par nuit est rallongé pour augmenter la difficulté de manière artificielle.

De nos jours, l’horreur doit apparaître comme une succession de jumpscares pour faire monter l’adrénaline. On oublie la mise en scène à la Silent Hill, les histoires à faire glacer le sang, les personnages réellement terrifiants, le travail sur une ambiance inquiétante sans paraître vulgairement grotesque. C’est la production massive, inintelligente de clichés de la peur qui resurgissent (la saga Slenderman). Il faut faire rapidement peur aux novices du jeu vidéo afin de leur inscrire un souvenir permanent de ces titres pour leur apporter une plus-value nostalgique dans les dix prochaines années. Ce nivellement vers le bas est inquiétant.

Le pire dans tout ça, c’est qu’à cause de Five Nights…, on va avoir droit à une multitude de furries pour un bon moment. Merci Scott Cawthon.

+
Rappelle qu'il existe de meilleurs jeux d'horreur
-
Gameplay inexistant
Ambiance atrocement nulle
Graphismes hideux
Finalité aberrante
Five Nights at Freddy's
Cinq minutes pour survivre l'ennui
Croulant sous les aspects les plus datés qu'ils soient, Five Nights at Freddy's ne surprend que très peu. Rappelant furieusement les vidéos animées d'Internet début 2000, le spectacle offert ici reste finalement convenu et largement passable. Les enfants friands de ce genre pourraient s'y atteler pendant un court moment, sinon pour les autres cela ne procure aucun amusement ni sensation forte.

Slade

Rédacteur

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Commentaires (4)

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  1. BRU

    C'est gentil de te sacrifier pour que les honnêtes joueurs n'accèdent pas à des horreurs pareilles.

  2. Mr.L

    Apparemment, c'est plus un jeu horrible qu'un jeu d'horreur.

  3. Raiko

    Dire qu'il se vend assez bien sur Steam... (23ème place quand j'ai checké)
    Ce jeu devrait être sponsorisé par Orangina et ses animaux creepy.

    Merci pour le test, je demande un article sur Depression Quest et son histoire de boules sous jacente maintenant et celui de Crypt of the Necrodancer pour montrer que la hype indé peut réserver de bonnes surprises.

  4. Shiro

    de Crypt of the Necrodancer pour montrer que la hype indé peut réserver de bonnes surprises.
    Ça arrive -plus ou moins vite-

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